Calendrier

Juillet 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

Présentation

Recherche

Revue de presse de la section

Midi Libre - Édition du lundi 18 octobre 2011

 

Patrice Bilgorai : "Il y a un climat social malsain dans la ville"

 

"C’est très rare d’avoir autant de faits similaires rapprochés dans le temps", s’alarme Patrice Bilgorai. (Photo archives STÉPHANE BARBIER)

Nîmes serait-il touché par une vague d’actes violents à caractère raciste ? Le président de l’antenne nîmoise de la Licra se dit inquiet de constater de telles agressions et évoque le contexte.

Quel regard porte la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) sur les faits de violence à Nîmes qui pourraient être à caractère raciste ?

 patrice bilgorai-copie-1 

 J’ajouterai les propos homophobes dont a été victime une personne en août dernier sans oublier l’agression d’un octogénaire devant la synagogue de Nîmes il y a plus d’un an. Que les propos tenus soient homophobes ou xénophobes, ce sont les mêmes réflexes et c’est inquiétant.

Le 28 novembre prochain, lors du procès de l’agresseur de l’affaire de la synagogue, la Licra pourrait d’ailleurs se porter partie civile. Notre organisation aurait la même position si les derniers faits de violence en date s’avèrent être à caractère raciste.

Peut-on parler de recrudescence des violences à caractère raciste à Nîmes ?

 

C’est très rare d’avoir autant de faits similaires rapprochés dans le temps. On a même vu à Nîmes des violences au Mas de Mingue entre musulmans et des confrontations entre communautés. Le racisme n’a pas de couleur. Il est vrai que la région n’offre pas un contexte facile. Comme le montrait Pagnol, l’étranger, c’est celui qui habite le village voisin.

Des légionnaires sont impliqués dans plusieurs faits de violence. Ça vous interpelle ?

 

On sait que le corps de la Légion étrangère accueille des hommes de toute origine. On ne veut pas faire d’amalgame. Après, la Licra peut envisager de rencontrer des représentants de la Légion étrangère mais qu’est-ce que ça pourrait apporter ? Je pense qu’il serait mal venu de généraliser.

Le contexte de l’élection présidentielle peut-il être propice à des actes racistes ?

 

À Nîmes, on s’attend à un climat plus tendu ces prochains mois. Mais il faut englober de

s actes racistes dans les faits de violence qui me semblent en augmentation.

Je travaille au lycée Dhuoda et dernièrement, cet établissement a été le cadre d’incidents, de caillassage. C’est la première fois que je voyais ça. Encore aujourd’hui, un élève s’est fait racketter. Je crois que nous sommes dans un climat social de crise, très malsain, avec internet qui libère la parole xénophobe.

Qu’attendez-vous des politiques en cette période électorale ?

 

Il faut arrêter la surenchère des propos qui stigmatisent ces derniers mois les roms, les réfugiés, les musulmans, les étrangers en situation irrégulière. Ça alimente un climat qui se prête à ce type de violence. Il faut de la sérénité. Les élus ont par exemple un travail considérable à faire pour lutter contre la discrimination au travail.

L’anniversaire de la répression des Algériens à Paris il y a 50 ans célébré le 17 octobre peut-il aider au travail de mémoire ?

 

Je pense que la France devrait reconnaître la responsabilité de l’État dans ce genre de dossier. On en a besoin car ce genre d’événements, ça laisse des traces.

Propos recueillis par YAN BARRY

 


Midi Libre - Édition du jeudi 10 mars 2011

La Semaine d'éducation contre le racisme abordera l'histoire des migrations


L'histoire des migrations aux XIXe et XXe siècles servira de thème à la Semaine d'éducation contre le racisme du 14 au 25 mars à Nîmes avec, au programme, des conférences, lecture et exposition.   « La thématique est choisie localement et est en prise directe avec le réel », souligne Patrice Bilgorai, président nîmois de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), association qui a trouvé comme partenaires les lycées Dhuoda, Hemingway, Saint-Vincent-de-Paul, mais aussi la librairie Teissier et le Centre départemental de documentation pédagogique.

La manifestation (soutenue par la Ville, la Région et le Département) a pour objectif de faire changer le regard sur l'immigration. Un thème d'autant plus porteur dans les contextes international et électoral qui permettent à certains politiques de jouer sur la peur d'autrui.

Pour Patrice Bilgorai, l'histoire des migrations   « est en fait mal connue des jeunes. Pourtant, la plupart de nos concitoyens ont un parent à l'étranger. Quand on évoque l'histoire de l'immigration, on a l'impression que ça nourrit du racisme alors qu'il faut voir plutôt l'enrichissement culturel que cela peut apporter ». La Licra   souhaite avant tout réveiller les consciences en abordant cette histoire   « finalement contemporaine » de l'immigration. Pour frapper les esprits, les travaux de l'historien Gérard Noirel sur le pogrom des Italiens à Aigues-Mortes en 1893 seront mis en exergue. Instructif.

 
YAN BARRY

 


Midi Libre -  Édition du Lundi 13 septembre 2010  - Entretien avec Patrice Bilgorai

 

« Une transgression des valeurs républicaines »


Patrice Bilgorai est le président de la section nîmoise de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme

La Licra du Gard vous retranscrit l'entretien paru dans l'édition du Midi Libre du 03 septembre.

Ce 4 septembre, la Licra appelle à manifester. Mais vous n'avez pas paraphé l'appel national contre la xénophobie signé par une cinquantaine d'associations. Pourquoi ?
La Licra avait formulé un certain nombre de remarques et des propositions d'amendements qui, de fait, n'ont pas été retenues. Enfin, nous avons regretté que les formations républicaines de droite ne soient pas invitées.

Ce qui veut dire ?
On est là sur des questions de valeurs. La Licra rassemble des hommes et des femmes, sans distinction de race, de religion, quelle que soit leur appartenance politique, philosophique. Nous ne sommes pas une association partisane. Toutes ces personnes partagent en commun une même référence aux valeurs républicaines. Et c'est là-dessus que nous nous exprimons.

Mais la Licra sera présente dans le défilé...
Oui, car nous nous opposons à ces mesures visant les Roms et gens du voyage devenus des boucs émissaires, comme les Français d'origine étrangère. Notre mot d'ordre est : "Non au morcellement ethnique de la République". Nous considérons qu'il y a aujourd'hui une véritable transgression des valeurs républicaines. Il n'était donc pas possible de se tenir à l'écart.

Qu'est ce qui vous choque dans ces mesures ?
On peut comprendre la démarche du président de la République et du gouvernement de prendre en compte les problèmes de sécurité dans ce pays. Mais pas comme ça. On ne peut pas imaginer que l'on puisse rendre responsable des populations entières au titre qu'elles comporteraient quelques éléments qui poseraient problème sur le plan du comportement délictuel. Et nous refusons cette idée de "citoyens de seconde zone", quand on envisage, par exemple, de refuser l'accession à la nationalité française des mineurs délinquants d'origine étrangère.

Vous mettez l'accent sur les valeurs républicaines...
Oui. Toutes ces mesures amènent une véritable rupture du pacte républicain. Il faut que l'égalité en droit soit préservée et la même pour tous. Ce que nous dénonçons, c'est la transgression des valeurs. La République doit rester une et indivisible.

Et concernant les expulsions de Roms ?
Ces expulsions ne sont pas acceptables. Encore une fois, c'est jeté l'opprobre sur une population entière. Il y a forcément d'autres solutions. Cela ne peut que concourir à diviser davantage, à exciter la xénophobie. On ne règle rien de cette manière-là.

Quel est le sens de votre appel à manifester tout en sachant qu'il est rare de retrouver la Licra dans une manifestation ?
Vous avez raison. C'est exceptionnel. C'est dire. Nous appelons tous les démocrates, tous les républicains. Sans distinction d'appartenance philosophique, politique, religieuse à demander au président de la République de renoncer à ces mesures. N'oublions pas que dans ce pays, de nombreux Français d'origine étrangère ont honoré la France. Moi je suis fier de dire : je suis un Français d'origine étrangère. C'est aussi la richesse de ce pays.


Propos recueilli par Cathy ROCHER


Midi Libre -  Édition du jeudi 20 janvier 2011 : Interview de Patrice Bilgorai

Licra « Contre le racisme, réveillons les consciences »

Vous fêtez samedi 22 janvier les cinq ans de la création de la Licra à Nîmes. Pourquoi avoir créé et maintenu cette association dans la ville ?

Je fais partie des fondateurs de la section nîmoise qui a voulu réagir au scénario catastrophe de l'élection présidentielle d'avril 2002 où un candidat d'extrême droite a réussi à se qualifier pour le second tour.
Dans le Gard, l'extrême droite fait de bons scores aux élections, elle a pignon sur rue. Nous avons alors créé, le 21 janvier 2006 exactement, la section nîmoise avec des avocats, chefs d'entreprise, employés de tous horizons. Il y avait dès le début une grande diversité.

patrice_bilgorai.jpg


Cinq ans après, l'extrême droite est plus que jamais présente en Europe et notamment en France. Quel regard portez-vous sur cette montée en puissance ?


En cinq ans d'existence, pour notre association, le message n'a pas véritablement changé. La nouvelle présidente du Front national Marine Le Pen ne changera rien non plus. Avec son père, il y a la filiation du sang mais aussi celle de l'idéologie, même si elle s'attache à la masquer. On a la même extrême droite qu'en 2002. Il y a matière à s'inquiéter car la crise qui frappe l'Europe pousse à la tentation du repli sur soi.


Quel rôle peut jouer la Licra face à ce phénomène ?

On réagit à différents événements qui ne sont pas forcément les plus médiatiques. La Licra s'est opposée aux statistiques ethniques, à la politique du gouvernement contre les Roms, aux insultes racistes proférées lors des matchs de football locaux, à l'agression antisémite à la synagogue de Nîmes, aux exactions commises contre un lieu de culte musulman à Beaucaire et nous avons demandé un engagement républicain aux candidats lors du second tour des dernières Régionales. Notre rôle est celui de sentinelle. On éveille et réveille les consciences.
 
Comment sensibilisez-vous le grand public à la lutte contre le racisme ?

Nous avons, du 14 au 25 mars, la Semaine d'éducation contre le racisme avec des conférences, des expositions à destination des scolaires, des interventions au conseil municipal des jeunes, à la maison d'arrêt. Cette année, nous avons programmé une lecture-spectacle sur le massacre des Italiens à Aigues-Mortes (fin XIXe siècle, NDLR). Nous avons des outils pour combattre toutes les formes de racisme.

Recueilli par Yan BARRY 
ybarry@midilibre.com


 

 licra midi libre 18 mars 2009

 


 

rabbin-n-mes-ml-11-mars-09.jpg

 


licra midilibre21octobre2009  


licra_entretien_midi_libre_22092009.jpg


licra_interview_midilibre_181108.jpg


licra_entretien_midi_libre241107.jpg

Contact - C.G.U. - Signaler un abus